samedi 11 juillet 2015

SORTIE BRESLE

Une petite sortie sur la Bresle a la frontière entre la Somme et la Seine-Maritime.

Une rivière magnifique alternant courant rapide et pool un peu plus profond (rien a voir avec la Canche)

La pêche a la cuillère y est très difficile de part le peu de fond et d'autre par le nombre de radier dans lesquelles la mepps s'accroche volontiers.

Je choisis donc un bon vieux rapala qui fera parfaitement le boulot.
















lundi 6 juillet 2015

jeudi 2 juillet 2015

VULGARUS BASSINUS



Texte  Alphonse Arias

J’avoue avoir la nostalgie d’un temps perdu de la belle
époque, temps déjà lointain où il n’y avait pas de truites
de bassines...

Le no kill, également, n’existait pas, ni par son appellation
anglaise, ni par son acte au bord de l’eau...
Les rivières et les ruisseaux regorgeaient de truites avec
une maille à 18 cm et sans quota.

Les pêcheurs pullulaient de l’ouverture (mi-février) à la
fermeture !

Les décennies ont passé. Sous les ponts des rivières,
l’eau s’est écoulée, tellement d’eau que l’on pourrait croi-
re naïvement, qu’à cause de son gros débit, elle s’est ré-
duite comme peau de chagrin...

Faut vivre avec son temps, me dira-t-on !

A quelques petites semaines de l’ouverture 2012, diffé-
rentes pêches nous sont proposées, liées à différentes
sortes de poissons.
Les truites autochtones dans les secteurs en gestion
patrimoniale
Ce n’est que du bonheur ! Tant par la beauté de leurs
robes que par leur comportement, leur méfiance et leur
subtilité !
Quelle que soit la technique utilisée, c’est la VRAIE pê-
che, celle qui propulse le pêcheur dans la stratosphère
du bonheur.
« A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ».
Ces truites-là, nées dans le milieu, connaissent très ra-
pidement tous les dangers qu’elles encourent ! La lutte
pour la survie est rude et un pourcentage infime arrive au
stade d’adulte.
Souvent, elles s’alimentent peu de temps dans la journée
et peuvent même passer des semaines sans se nourrir...
Elles résistent donc à la pression de pêche comme en
témoignent les pêches d’inventaires.
Bien évidemment, leur sort est étroitement corrélé à la
réussite ou à l’échec de la reproduction naturelle. Une
crue est toujours de bon augure avant le frai : elle nettoie
les graviers qui vont recevoir les œufs, minimisant ainsi
les risques d’asphyxies.
Par contre, pendant le frai et plusieurs semaines après,
une grosse crue est dévastatrice et peut anéantir ou ré-
duire considérablement les populations d’alevins...
Ainsi, on constate parfois l’absence ou la faible représen-
tation de certaines générations. La nature est ainsi, elle
gaspille beaucoup !
Aujourd’hui, on assiste régulièrement à des excès
de sécheresse ou de précipitations, de canicule ou
de froid... Les truites sauvages en souffrent incon-
testablement, mais elles supportent le choc.
Je pense que le genre humain n’a surtout pas à in-
tervenir au niveau des apports d’œufs ou d’alevins,
et encore moins de truitelles ou de truites adultes !
La seule intervention souhaitable, à mon avis, peut
consister à augmenter la capacité d’accueil par des
caches et la surface mouillée par des seuils...
Les truites autochtones en feront leur affaire. Elles
sont présentes depuis des millénaires et les pê-
cheurs ne les éradiqueront pas avec leur ligne...
Ils peuvent, par contre, les aider en dénonçant les
pillages de tous poils (pollutions diverses, pompages
abusifs, écoulements suspects, travaux forestiers,
travaux communaux, travaux des administrations -
eh ! oui...-, travaux des entreprises, travaux privés,
etc...)
Une pollution, ne signifie pas forcément mortalité de
poissons ! Un écoulement, un déversement de terre
ou de sable dans l’eau peut colmater le substrat et
anéantir la reproduction naturelle. Le sable et la ter-
re, éléments pourtant naturels, sont les ennemis des
frayères à truites !
Les truites «tout-venant»
On les trouve souvent dans les portions médianes des
cours d’eau. Malheureusement, ces zones sont bien sou-
vent agressées par la civilisation : stations d’épuration
inexistantes ou défaillantes, agriculture, pillages chroni-
ques et divers...
Tout cela est bien évidemment accentué par des débits
parfois faibles : pollutions moins diluées et réchauffement
des eaux plus importants.
La reproduction naturelle souffre terriblement de tous ces
maux, à tel point qu’elle peut être nulle ou excessivement
faible.
Et ce n’est pas parce que l’on voit des frayères qu’el-
les donnent des résultats ; il y a loin de la coupe aux
lèvres !
Par ailleurs, des stérilités de truites existent çà et
là...
Les populations de truites proviennent en grande
partie des piscicultures. Elles sont introduites au
stade de juvéniles (alevins, estivaux, truitelles et/ou
truites portions).
Dans ces rivières, très souvent sous l’influence de
barrages, l’introduction d’œufs et de sujets dont la
taille est inférieure à une douzaine de centimètres ne
donne pas grand-chose.
On peut donc y trouver des truites, j’oserai dire de
tous poils, avec des robes et des morphologies hé-
téroclites. Que l’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit
pas de souches autochtones différentes !
Cependant, quelques sauvages peuvent se trouver
dans ces milieux, nées le plus souvent dans des tri-
butaires...
Ici, le no kill, n’a aucun intérêt pour ce qui est de
l’avenir du cours d’eau, à moins de vouloir se faire
plaisir et gracier les sujets que l’on pense être sau-
vages...
La pêche est généralement moins capricieuse que

dans les secteurs en gestion patrimoniale, par le seul fait
que l’origine des truites les prédispose à une méfiance
moindre, ainsi qu’à un plus gros appétit...
Les truites portions
Leur appellation diffère selon les régions : on peut les ap-
peler « truites de bassines », « truites à manches courtes
», « truites surdensitaires » ou tout simplement « truites
d’élevage ».
Il ne faut pas se voiler la face, elles font vendre bon nom-
bre de permis ! Aujourd’hui, le genre humain n’a plus le
temps d’attendre. Il est donc demandeur de truites faciles
à prendre.
Quand elles sont déversées dans les pseudos premières
catégories ou dans les eaux de la deuxième, on peut le
comprendre...
Par contre, quand on les rencontre en montagne dans
les parcours en gestion patrimoniale, je crie au scandale !
La gestion de certaines AAPPMA ou de quelques fédéra-
tions me semble épouvantable.
Epargnons aux pêcheurs avides d’authenticité et qui
fuient les parcours dits touristiques, ce genre de décon-
venues. Outre le fait que ces truites d’élevage sont quasi-
ment toujours de qualité médiocre ou minable - nageoires
atrophiées, robe disgracieuse, parfois avec des mycoses

ou des furoncles – elles peuvent perturber le milieu aqua-
tique indigène.
D’ailleurs, le meilleur moyen de les capturer n’est-t-il pas
le vairon manié et le lancer léger ?
Vous me permettrez une petite critique que je dénonce
depuis longtemps : dans les pseudos premières catégo-
ries, surtout les plans d’eau, lorsqu’il est avéré que la re-
production naturelle des truites est inexistante, pourquoi
priver les pêcheurs d’exercer leur loisir lors de belles
journées d’automne et même d’hiver ? Pourquoi fermer
la pêche comme dans les eaux des véritables premières
catégories ?
On contribue ainsi à l’effritement du nombre de pêcheurs
et en plus on protège les nuisibles tels que les perches et
les poissons-chats...
Les réponses que l’on me donne sont loin d’être satisfai-
santes.
Allez, je vous dis tout, les truites portions me donnent la
nausée en pêche de loisir et je suis tordu de rire à la seule
pensée que le no kill puisse être pratiqué avec ces pois-
sons...
Outre leur esprit grégaire et leur manque de méfiance, el-
les ont toujours été habituées à se goinfrer... Toujours en
quête de nourriture, les faire mordre n’est pas du ressort
d’un artiste !